Une
véritable GT musclée dans la gamme Renault ? On
n’osait en rêver, surtout après l’enterrement sans
fleurs ni couronnes d’Alpine. C’est pourtant avec ce
type d’engins que la marque au losange compte attirer
l’attention lors du prochain Salon de Francfort. Aux
antipodes de la conduite apaisée dans des voitures à
vivre, la Talisman abandonne la traction avant pour
retourner aux roues arrière motrices, seule
architecture capable d’assurer la transmission de
fortes puissances tout en préservant de bonnes
sensations de conduite. Bref, tout le contraire du
discours habituel de la marque.
Les nouvelles ambitions de Renault dans le haut de
gamme et la capacité de l’allié Nissan à fournir de
belles mécaniques ne sont certainement pas étrangères
à ce revirement. Le long capot abrite en effet un V8 de
4,5 l et une transmission d’origine japonaise. Et il
semble que cette nouvelle culture extrême-orientale ait
influencé la réalisation d’un habitacle zen.
Ce
prototype sportif n’est en effet qu’un prétexte,
comme de nombreux concept-cars. Son véritable intérêt
réside dans le design intérieur dont l’ambition est
de rendre la vie de l’utilisateur plus facile, de
simplifier ses relations avec un environnement technique
de plus en plus complexe. Pour cela, Talisman est équipé
de monumentales portes papillons, essentiellement destinées
à mettre en valeur son contenu.
En apparence réduit à sa plus simple expression, le
" mobilier " aux formes épurées et allégées
y est hautement technologique. Les quatre sièges,
habillés d’une feuille de cuir rouge, sont constitués
d’armatures en carbone sur lesquelles des poches
d’air gonflables permettent d’ajuster la hauteur
d’assise. Les sièges avant sont fixes, et c’est la
planche de bord, dont le profil est semblable à celui
d’une aile d’avion, qui coulisse, avec le pédalier,
pour se mettre à bonne distance du conducteur. Hormis
quatre cadrans en cristal gravés au laser, fixés sur
la colonne de direction, le tableau de bord ne recèle
qu’un seul écran destiné à afficher les données de
navigation ou les images fournies par les trois rétrocaméras.
Rien ne doit donc venir perturber la sérénité du
conducteur. C’est là qu’intervient le " touch
design ", argument essentiel de ce concept-car. 
Aboutissement de l’ergonomie, il s’agit de réaliser
des objets, en l’occurrence des commandes, qui donnent
envie d’être manipulées et qui, une fois prises en
main, induisent d’elles-mêmes, par leur simple
contact, la façon dont elles doivent être utilisées.
Il en va ainsi, par exemple, du levier de vitesses et
des commandes sous le volant en forme de spatule dont la
préhension indique le sens de déplacement. Cette théorie,
qui mériterait d’être élevée au rang de
philosophie, voire rendue obligatoire (!), doit
permettre à tout un chacun d’utiliser n’importe
quel système complexe sans le recours à un mode
d’emploi ou à un apprentissage. L’objectif final étant
de diminuer la charge nerveuse des utilisateurs et, par
incidence,
d’améliorer
la sécurité.
L’automobile deviendrait ainsi un véritable havre
de paix dans lequel les déplacements, même quotidiens,
seraient d’authentiques moments de détente. Un futur
des plus séduisants !